AAC « Mieux travailler à l’ère du numérique : définir les enjeux et soutenir l’action »

Appel à contribution lancé par la revue des conditions de travail, ANACT pour son numéro 6 – 2016. Les intentions d’articles doivent être reçues avant le 30 janvier 2017 à l’adresse suivante : larevuedesconditionsdetravail@anact.fr
La parution du numéro est prévue pour Juin 2017.

Présentation :

Résultats de recherche d'images pour « anact »Le numérique est gros de promesses mais aussi de menaces. Son développement semble vouloir tout emporter sur son passage : les formes d’emplois les mieux instituées (le salariat), les barrières entre les activités professionnelles et non-professionnelles, l’unité de temps et de lieux que constituait l’entreprise et même l’acte de travail avec la mise à contribution du client pour effectuer des tâches autrefois dévolues à des salariés (de la réservation de billets de trains aux opérations bancaires en passant par l’obtention de places de cinémas ou de spectacles), etc. Face à ce mouvement, il serait illusoire de penser que les conditions de travail constituent un havre de stabilité. Les plateformes numériques renouvellent potentiellement non seulement la relation d’emploi – en mettant en relation directe des consommateurs avec des travailleurs dotés d’un statut d’indépendant – mais aussi la façon de travailler en assemblant des tâches et/ou en favorisant la collaboration entre des acteurs éloignés tant spatialement que sur le plan organisationnel. L’entreprise fait également l’objet d’un déploiement multiforme d’outils numériques : applications collaboratives, outils de communications instantanés, réseaux sociaux d’entreprises, possibilité de stockage (cloud) mais aussi renforcement de la géolocalisation, du suivi de l’activité par des capteurs et des senseurs, d’outils d’autodiagnostic dans les fonctions de maintenance, d’intégration des données dans des systèmes centralisés (ERP pour Enterprise Ressource Planning), d’utilisation des Big Data dans la relation avec la clientèle, etc. Ces innovations font également appel à des formes d’organisation du travail plus flexibles et agiles.

Résultats de recherche d'images pour « computer work »Ce mouvement est souvent perçu comme une véritable révolution qui engendrerait des ruptures majeures (par exemple, la fin du salariat). Certains perçoivent cette évolution comme intrinsèquement positive. Un monde post-bureaucratique serait en voie de constitution qui ferait la part belle à la coopération et même à la dé-marchandisation des relations économiques et des formes d’échanges. Pour d’autres, l’hégémonie des grandes plateformes serait annonciatrice d’une véritable « disruption » affectant non seulement l’emploi et le travail mais aussi les conditions cognitives de la sociabilité et du vivre-ensemble.

Mais force est de constater que des investigations systématiques manquent encore qui permettraient d’évaluer et de mieux connaître les impacts du numérique sur la relation d’emploi et le travail. Il est ainsi difficile de faire la distinction entre des ruptures inédites et des évolutions qui relèveraient de l’accélération de tendances latentes et déjà séculaires (intensification, restructuration, précarisation, etc.). Une évaluation sectorielle s’impose également tant les différents mondes professionnels peuvent vivre des trajectoires distinctes. De plus, la nature des usages du numérique n’est pas encore stabilisée. Des mouvements sociaux peuvent se développer et reconfigurer en rapport de travail (ou quasi tel) ce que les promoteurs des plateformes voulaient concevoir comme une pure mise en relation marchande (par exemple, les livreurs de repas à domicile). L’action régulatrice des politiques publiques entend aussi influencer la manière dont la digitalisation de l’économie se développe (cas d’Uber ou de airBnB). Ce que seront les impacts du numérique dépendra ainsi de la façon dont les acteurs en configureront ses usages. Une certaine incertitude est donc de mise. Cette posture analytique « modeste » est aussi le gage d’un véritable accueil de ce qui peut être positif pour les salariés et les entreprises dans ces évolutions.

Cet appel à proposition du sixième numéro de La Revue des conditions de travail entend accorder une place aux différentes expérimentations menées dans les entreprises et les contextes professionnels. Les connaissances issues du terrain sont nécessaires pour approfondir et évaluer les usages du numérique en situation de travail. Pour autant, étant donné le caractère encore insuffisant des enquêtes en cours, ce numéro souhaite également accueillir des réflexions prospectives et générales émanant de diverses sources : professionnels engagés dans la mise en place de systèmes de travail numérisé, chercheurs tentant de saisir la logique et les modalités des transformations en cours, consultants et concepteurs de systèmes, etc.

Clavier ANACT_Vignette

Les contributions retenues pourront aborder un ou plusieurs des aspects suivants :

– Les transformations de la relation d’emploi

– Les transformations du travail et de son organisation

– Les usages alternatifs ?

– La place du paritarisme et de l’action sociale

Pour retrouver le détails des différents axes, vous pouvez télécharger la version PDF, en cliquant ici.

Information relayée par le DIM Gestes, le Jeudi 8 décembre 2016

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