“Conscience de place et conscience de classe”, M.Pigenet, F.Schepens…

LdG2801 - Trioavec les Lieux-Dits du Gestes, débutons  l’année 2015 ensemble. Ce Séminaire mensuel  accueille le mercredi 28 janvier 2015, Michel Pigenet, historien au CHS et Florent Schepens, sociologue au Centre Georges Chevrier, université de Bourgogne. Il se tient au Centre Malher, quartier du Marais à Paris, Locaux de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, Paris 1.
L’intervention de Michel Pigenet, intitulée “Conscience de place et conscience de classe. Regard historien sur les usages ouvriers des lieux de travail aux marges du salariat (19ème -20ème siècle)” a été animée par Claire Edey Gamassou, pilote de la programmation des Séminaires Mensuels du DIM Gestes.

 

 

 

Extraits sonores disponibles ci-dessous sur cette page.DIM Gestes

 

Michel Pigenet, historien au centre d’histoire sociale (Université de Paris 1-Panthéon Sorbonne), commence par expliquer qu’il était initialement géographe, formation qui est sans doute à l’origine de son intérêt pour les territoires. Il a réalisé une thèse d’Etat sur les ouvriers du centre de la France, où il s’est tout particulièrement intéressé au rôle du travail, comme activité et pas du seul point des rapports sociaux, ainsi qu’aux territoires, qu’il s’est efforcé de « réhabiliter » dans l’appréhension multi-scalaire des pratiques et identités collectives.

S’agissant des territoires, il revient sur la définition qu’en donnent les géographes : plus qu’un cadre d’existence et d’exercice d’activité, mais surtout un espace économique, social, politique et symbolique, « approprié » au double sens de « propre à soi » et de « propre à quelque chose ». « Fruit du social, dans son acception la plus large, le territoire agit en retour sur les manières dont s’éprouvent et se conçoivent les formes et l’intensité des relations de travail, sur le degré de cloisonnement des écosystèmes ouvriers et ce qui en découle en termes d’expérience des de solidarité, de contradictions et d’antagonismes sociaux. »Ldg2801 - Pigenet

L’historien insiste sur le fait que la France s’est longtemps caractérisée par une relative dispersion de l’industrie et des ouvriers, comparée à ce qui a pu s’observer ailleurs.

Résultat : le salariat en France a eu des contours plutôt poreux, notamment dans le monde rural où les « subtils dégradés des rapports à la propriété foncière défièrent, jusqu’au XXe siècle compris, les frontières trop nettes de la rhétorique de classes. » Cette complexité est également présente sur les chantiers et dans les usines, à la ville, où les directions peuvent traiter différemment « un noyau permanent de personnel qualifié, bénéficiaire de carrière », et « le tout venant de travailleurs subalternes, recrutés à la criée, dont les effectifs s’ajustent sans précautions excessives ». « Ces conditions n’ont pas été sans influer sur les rapports entretenus par les diverses catégories avec leur travail et le lieu où il s’exerce. »

L’histoire du travail à la découverte des lieux du travail

Avant de détailler les deux exemples des bûcherons et des dockers, Michel Pigenet revient sur l’historiographie du travail, déjà ancienne, mais moins initiée par les historiens que par des juristes et économistes. Champ de recherche spécifique au début du XXe siècle, son véritable essor est cependant contemporain de la démarche “labroussienne” dans le second tiers du siècle. Il s’agit alors, et d’abord, d’identifier et recenser les statuts, les conflits, les origines des travailleurs, sans vraiment pénétrer sur les lieux de travail. En la matière, il faut attendre l’infléchissement anthropologique opéré par Rolande Trempé qui, dans les années 1960-70, suit les mineurs de Carmaux dans les galeries, tout autant d’ailleurs, qu’à leur domicile,

 

« dans l’idée d’une articulation entre ce qu’il se passe au travail et en-dehors, sur les lieux du travail et sur ceux censés lui être extérieurs ».

Cette ouverture majeure encourage les historiens à reconsidérer la dialectique du travail et du nonmineur1-travail, des espaces publics et privés, approche « indispensables à la compréhension des sociabilités » comme des filières de recrutement, des critères de reconnaissance des compétences, de construction des hiérarchies professionnelles dans les ateliers et les bureaux. « Partis à la recherche de la classe, les historiens rencontrent les territoires. » Et ce, dès l’échelon primordial de l’équipe, entité à la fois égalitaire et hiérarchisée, dont la longévité élève l’efficacité et soude les membres, où « s’élaborent des stratégies de défense, s’étalonnent des valeurs, se forge et se transmet un fonds commun de conduites, d’us et  coutumes ». L’atelier et le chantier forment un second niveau, « auxquels les acteurs prêtent volontiers une personnalité singulière, qui en résume l’ambiance ». Là naissent des conflits susceptibles de s’élargir, mais encore, plus souvent, des micro-conflits ignorés des observateurs extérieurs, voire des directions.

Des lieux du travail aux territoires des travailleurs : entre classe et place

Selon Michel Pigenet, « d’autres liens se tissent et s’affirment au-delà des limites strictes du cadre de travail, mais dans son prolongement ». La « conscience de place » chère à Rémy Cazals, désigne ce qui tend à identifier dans la durée les intérêts de la classe à ceux d’une production, d’une entreprise ou d’une branche. « Le fait vaut surtout dans les localités de taille moyenne, synonymes de proximité géographique et socioculturelle. » « Modalité d’expression de compétences et de qualités singulières revendiquée, source d’une fierté ouvrière qu’elle dépasse pour irradier toute la localité, la conscience de place autorise des connivences promptes à s’incarner dans les entreprises et leur chef, pour peu que ces derniers soient adeptes du paternalisme. »

L’historien évoque ensuite le rôle des cabarets et des cafés, hauts lieux des sociabilités ouvrières, sas à mi-chemin du travail et du logement, ainsi que les environs immédiats de l’usine et du chantier : coron, quartier, faubourg, cité, etc. Tous « micro-territoires d’interconnaissance, où les liens tissés au travail se desserrent sans disparaître pour se complexifier au carrefour d’autres formes de sociabilités ».20131515_HISTOIRE+X1P1_ori.jpg.567

Avec l’établissement du suffrage universel, « le cadre local semble d’emblée le plus favorable au succès de candidatures ouvrières qu’écartent les procédures habituelles de sélection du personnel politique d’Etat ». « La conquête de mairies rejaillit sur les mobilisations, et leur apporte une légitimité et des ressources inédites. » Par quoi la « conscience de place » peut conforter la « conscience de classe ».

Michel Pigenet présente ensuite deux exemples pour lesquels les lieux de travail furent les matrices d’expérience territoriale de contrôle ouvrier du marché et de l’organisation du travail.

 

Le bois, les bûcherons et les communautés villageoises

Les villages du Berry ont été le siège d’un syndicalisme bûcheron extrêmement important et de portée nationale. L’historien a étudié en particulier la période allant du milieu du XIXe siècle jusqu’au miliepin_blanc_2_2u du XXe siècle, période où la forêt était encore une composante importante de l’économie rurale : réserve de combustibles, terrain de parcours et lieu de travail, en vertu d’une coutume régionale de « banalité des coupes » autorisant tout villageois à s’y embaucher pendant la soixantaine de jours d’exploitation annuelle du taillis. Pour le temps court de l’abattage hivernal, la forêt réunissait ainsi, en qualité de bûcherons, l’ensemble du petit peuple des campagnes environnantes : journaliers, certes, mais aussi artisans et cultivateurs, au point de paraître reconstituer, quelques semaines, des communautés villageoises en voie de dislocation. « L’hiver masquait les différences à l’œuvre le reste de l’année. » Le bois intéresse alors trois acteurs : le propriétaire, souvent noble, sinon aristocrate, à coup sûr un « maître » qui vend les coupes à exploiter ; le marchand/entrepreneur qui les achète par adjudication, originaire de la ville et, à ce titre, « bourgeois » dans les sens du mot ; les ouvriers qui s’embauchent une fois l’accord conclu sur les tarifs et bénéficiaires de divers droits en sur la base d’us et coutumes ancestraux.

Le syndicalisme bûcheron s’est effectué en deux temps : une première vague de grèves et d’organisation a lieu dans les années 1890, elle est suivie d’une deuxième qui l’établit durablement au tournant du XXe siècle. 1902 voit naître la fédération nationale des bûcherons, affiliée à la CGT. Si 110 syndicats sont bientôt recensés dans le seul département du Cher, le mouvement s’implante dans d’autres régions, au total une quinzaine de départements.

pin_blanc_2_1Localement, « tout se joue dans la capacité du syndicat à s’ériger en interlocuteur obligé pour la fixation des tarifs, son aptitude à maîtriser l’espace forestier ». Sur les coupes, il organise également le travail, veille à sa distribution équitable entre tous les villageois venus pour s’embaucher. Sur la lancée, l’image des forestiers s’améliore, les « parias d’antan », font désormais figure de lutteurs et d’hommes libres. « Réévaluée, l’identité salariale bûcheronne s’affirme avec assez de force pour faire sauter les obstacles qui maintiennent le gros des travailleurs agricoles à l’écart du droit commun salarial. » Au terme d’une mobilisation multiforme, ils arrachent ainsi en 1914, le bénéfice de la loi sur les accidents du travail dont demeurent le reste des salariés agricoles. Plus largement, l’irruption du syndicalisme au village y bouleverse la vie sociale et politique. Les sociabilités métamorphosées par des pratiques inédites s’ajoutent à l’élection de listes « ouvrières » qui, lors des élections municipales, bousculent les notables ruraux. Pour autant, tandis que le village reste l’horizon des bûcherons, aux risques confirmés d’un solide esprit de clocher, le caractère saisonnier des travaux forestiers limite le domaine des avancées ouvrières. Le mouvement bute, en effet, sur les clôtures des champs et des prés. Là, la cohésion forgée dans les coupes s’émousse au feu des intérêts contradictoires qu’exacerbent les plus modestes hiérarchies rurales. « Nous avons des camarades qui petits propriétaires, déplore un militant, qui possèdent une chèvre, une vache, ils louent quelques lopins de terre et, ensuite, font tort aux camarades qui n’ont rien ».

 

L’ancrage portuaire des dockers

Le port fut également la matrice de pratiques collectives indissociables de ses caractéristiques spatiales. La profession de « docker » a longtemps été soumise au régime de l’intermittence, « accordée aux incertitudes météorologiques, aux cycles saisonniers de production et aux emballements spéculatifs », rappelle Michel Pigenet. Sur ces bases, « la réputation d’un port dépend de sa capacité à fournir en permanence les travailleurs indispensables au déchargement ou au chargement des navires qui se présentent. (…)

L’histoire sociale des ports se résume dans l’alternance de phases de travail libre et de travail réglé. » Le « travail libre » s’impose ainsi dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il se traduit par l’ouverture des quais à quiconque souhaite y travailler. « Hormis une minorité de spécialistes, ‘classés’, ‘attitrés’ ou ‘abonnés’ de grandes entreprises, la concurrence régit l’embauche du gros des ouvriers intermittents qu’elle précipite dans la précarité. » Le recrutement, effectué par des contremaîtres omnipotents, s’opère au gré des aptitudes physiques et de la docilité, selon des critères d’origine, de parenté, de religion, d’ethnie, ou de nationalité… « L’embauche et le versement des salaires se déroulent souvent hors du port, dans les cafés alentour, où il faut consommer (…) Pour émerger, le syndicalisme portuaire a dû placer très haut la barre de ses ambitions, en clair, disputer au patronat, le contrôle et l’organisation du plus ouvert des marchés du travail. »

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Pour des périodes de durée variable, ils y parviennent dans certains sites. En 1947, une loi « statutaire », demeurée en vigueur jusqu’en 1992, couronne et généralise ces conquêtes locales. « Le texte confirme l’existence de bureaux d’embauche paritaires, reporte sur l’employeur le coût social des fluctuations d’activité par l’institution d’une indemnité de garantie et assure la priorité d’emploi aux titulaires d’une carte professionnelle. Par là, il clôt le long processus de professionnalisation des dockers, et dissocie l’intermittence de la précarité et établit ce qu’un haut fonctionnaire qualifiera de système original de ‘libre entreprise avec main-d’œuvre obligatoire’ ».

Sur le terrain, tout commence à l’échelon des équipes, bordées ou « mains », celui des solidarités fonctionnelles et de « pratiques restrictives », prévues ou pas par les conventions collectives de site. C’est à ce niveau, en effet, qu’elles se négocient, à l’exclusion d’accords d’entreprises. « Les dockers, convaincus d’être les derniers ouvriers libres, réitèrent leur rejet de la subordination directe qu’entraînerait le basculement dans le droit commun salarial. » « Dans les profondeurs, se plaint un dirigeant de syndicat patronal, l’ouvrier docker n’est au service que de l’entité Port, notion abstraite, anonyme, sans personnalité juridique : autant dire qu’il n’a pas de patron ».

40ft_container_carried_on_docksPraticiens exercés de la lutte de classes, assurés que dans la relation entre patrons et ouvriers, l’un doit « toujours gagner sur l’autre », les dockers ne nient pas l’existence de connivences. « Les dockers ne sauraient être indifférents aux efforts de captation de trafics, dont les variations dictent le niveau des embauches et peuvent permettre de négocier au plus haut les conditions de travail et les tarifs ». La rude concurrence qui s’exerce entre les sites peut saper une « fraternité » corporative par trop abstraite. Face aux ports rivaux, il arrive, là aussi, que la « conscience de place » prenne le dessus. Au moins pour un temps.

A l’inverse, cependant, les dockers n’ont cessé de tenter d’agréger à eux les autres travailleurs portuaires et des alentours : grutiers et portiqueurs, d’abord, mais aussi artisans bateliers, salariés du mareyage et des conserveries, de la manutention ferroviaire, puis aéroportuaire et du nettoyage… Dans les années 1970, les plus audacieux envisageront de partir à la conquête des « ports secs » intérieurs avant de se raviser devant la difficulté d’une incursion hors de leurs bases littorales.

Il n’est pas inutile, enfin, de souligner l’ancienneté et la solidité des liens de solidarité internationale. En 2003 et 2006, les mobilisations réalisées à l’échelle européenne viendront à bout, par deux fois, de projets de directives par lesquelles la Commission entendait déréglementer la manutention portuaire.

 

 

Ldg2801 - SchepensLe discutant, Florent Schepens, sociologue au Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne, a ensuite précisé qu’il avait réalisé une thèse sur les bûcherons, avant de travailler sur les soignants, puis aujourd’hui sur les vignerons.

Il a d’ailleurs lu les travaux de Michel Pigenet (Ouvriers, paysans, nous sommes… Les bûcherons du Centre de la France au tournant du siècle, L’harmattan, 1993)

Le point qui l’intéresse plus particulièrement, comme sociologue, est de savoir comment les bûcherons ont à l’origine réussi à créer un syndicat, sachant qu’ils semblent être dépourvus de toutes les ressources pour la constitution d’un syndicalisme. La forêt est en outre un lieu de relégation sociale. Dans son enquête sur les « entrepreneurs de travaux forestiers », il a découvert un taux d’accidents colossal, avec « une économie chiche pour des semaines de travail effroyablement longues » (six jours et demi par semaine), et plus globalement des conditions de travail très difficiles. « Et la misère ne porte pas à la solidarité, plutôt au repli sur soi. » Les bûcherons étant par ailleurs ouvriers tâcherons,  rémunérés “à la tâche”, non pas à la journée, ils travaillaient donc énormément « afin de finir leur coupe le plus vite possible ». Ce qui ne leur laissait pas de temps pour une activité collective. Sans compter qu’il n’existe pas de lieux collectifs où se regrouper, les bûcherons ne se croisant même que très rarement.

Le sociologue a par ailleurs expliqué que ce qu’il avait découvert dans son enquête était que c’était une régulation « exogène » aux bûcherons qui s’était mise en place. « Ce ne sont pas les bûcherons qui l’ont initiée, mais plutôt le monde de la forêt qui les a poussés à s’organiser. » En l’occurrence, les exploitants, qui achètent les coupes et les font récolter, et qui devront payer les cotisations sociales (accidents du travail) dans les années 1970, pour les ouvriers embauchés. Ce qui explique pourquoi, petit à petit, les exploitants vont préférer travailler avec des « entrepreneurs de travaux forestiers », pour lesquels ils n’auront pas à payer ces cotisations.

Les dockers ne semblaient pas non plus disposer des ressources suffisantes pour constituer un syndicalisme. D’où sa question : « La précarité suffit-elle à solidariser ? Sachant que les travaux en sociologie montrent que non, qu’autre chose est nécessaire… Mais qu’est-ce ? »

Florent Schepens a poursuivi sur le « lieu » de la forêt, ou plutôt « territoire », selon la définition des géographes donnée en introduction par Michel Pigenet : « un territoire comme cadre, mais aussi comme espace économique, politique, social, et également un espace symbolique à l’intérieur duquel les travailleurs ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent, et qui peut du coup rejaillir sur l’identité des ouvriers ». Et en l’occurrence, la forêt est un lieu fertile en représentations symboliques, avec des ouvriers et villageois qui ne se côtoient jamais si ce n’est pendant ces mois d’hiver… Un lieu hors du social, un lieu ‘sauvage’, quand le village est le lieu du social. »… Il a également rappelé que les mariages étaient prohibé entre « gens du bois » et « gens du villages », et quand ils se produisaient étaient qualifiés de « mariages sauvages ». « La forêt pullule de symboles qui sont encore actifs aujourd’hui. Les femmes travaillent peu en forêt par exemple. »

 

 

Michel Pigenet a notamment répondu à la question sur les conditions qui ont favorisé la constitution du syndicalisme bûcheron à la fin du XIXe siècle. Il a souligné l’importance de l’expérience politique vécue lors de la Seconde République (1848-1851). « En 1849, ces villages forestiers sont parmi ceux qui votent le plus rouge dans un département lui-même acquis aux rouges, à la faveur des liens noués avec les démocrates socialistes des villes. » Les idées qui se diffusent alors mettent des mots sur des réalités devenues insupportables et justifient leur contestation. La rhétorique rouge légitime ce qui relevait jusque-là de la délinquance ou de la rébellion ». L’historien a en outre rappelé que ces villages étaient, à la fin de la Seconde République, « ‘infestés’ de sociétés secrètes », « décapitées » à la veille du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Ce qui n’empêchera pas la persistance d’une contestation politico-sociale. Lorsque la première grève éclate, en 1891, ses organisateurs bénéficient des conseils et du soutien des radicaux socialistes qui se réclament de la tradition rouge… Ils expliquent ainsi le droit de grève et encouragent à la constitution de syndicats dont ils rappellent en quoi ils diffèrent des vieilles « sociétés secrètes ». Ils sont toutefois bientôt supplantés, sur ce terrain, par les socialistes des centres industriels régionaux qui, eux-mêmes et non sans raison, revendiquent une filiation rouge et disposent avec Eugène Baudin, le député de Vierzon, d’un militant particulièrement dynamique et efficace, que les grévistes s’arrachent, des corons du Pas-de-Calais à ceux de Carmaux, dans le Midi.

 

La suite de la discussion, avec la salle, a porté sur les autres salariés agricoles, le cas des vignerons qui sont aussi bûcherons pendant les coupes au début du XXe siècle, la mise en concurrence de la main d’œuvre « centrale » et la « périphérique », les éventuelles menaces de délocalisation, la persistance d’une embauche parallèle dans les bars et cafés même après la création d’une carte professionnelle, les particularités du secteur agricole (logement pour les saisonniers, SMAG de 30% inférieur au SMIG), la place, peu importante, de l’Eglise, et enfin, le braconnage.

 

DIM Gestes

 

 

Intervenant et Discutant :

  • Michel Pigenet, historien au Centre d’Histoire Sociale, Université de Paris 1-Panthéon Sorbonne.
  • Florent Schepens, sociologue au Centre Georges Chevrier, Université de Bourgogne.

 

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Lieux Dits du Gestes, Programmation 2014-2015

Consultez la page dédiée au cycle de Séminaires mensuels du DIM Gestes sur le thème « Espaces, Lieux et Travailleurs »

 

 

 

image_LOGO Gestes 003Mise en ligne le 12 Février 2015.

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