Est paru : “Epreuves d’évaluation et chômage” ouvrage collectif

Sous la direction de François Eymard-Duvernay.

Entreprise, Travail , Emploi, un ouvrage collectif dans la collection le travail en débats dont les auteurs sont François Eymard-Duvernay, Guillemette de Larquier,  Delphine Remillon, Yolande Benarrosh et Emmanuelle Marchal. Cette dernière est sociologue, chercheure Cnrs , au CSO –  Centre de Sociologie des Organisations,  est également membre du GESTES.

“Ce livre, renouvelle profondément l’analyse économique du chômage, grâce à une approche interdisciplinaire : une partie du chômage n’est pas l’effet d’un déséquilibre quantitatif entre offres et demandes de cette « marchandise » particulière que serait le travail. Le chômage résulte d’un processus qualitatif de sélection que subissent les personnes depuis l’école jusqu’à l’entreprise et ses intermédiaires sur le marché du travail. La notion « d’épreuve d’évaluation », construite par la sociologie, désigne ces moments où les personnes sont évaluées dans le cadre d’un dispositif (ensemble de personnes, de mots, de choses qui soutiennent l’évaluation). L’évaluation, opération complexe, intègre (ou devrait intégrer) une dimension cognitive (il faut mesurer les éléments de la compétence), éthique (ce qu’est la compétence dépend d’une définition du bien, plus précisément de ce qu’est un bon produit et un bon travail), sociale (ces définitions du bien doivent être communes dans un collectif donné) et finalement politique (les collectifs politiques qui soutiennent ces biens communs doivent satisfaire certaines règles de justice). Du point de vue de l’évaluateur, la volonté est (ou devrait être) de choisir des critères d’évaluation et des procédures adéquates pour construire l’entreprise non seulement comme entité économique performante mais aussi comme « communauté » politique (ceci vaut surtout pour les évaluations internes qui doivent respecter certaines règles de justice, sous le regard des syndicats). Du point de vue des personnes, la vie professionnelle est ressentie comme une succession d’épreuves débouchant soit sur la consolidation d’une « identité » professionnelle valorisante, soit sur l’incertitude de la précarité et finalement l’exclusion. La prise en compte des épreuves d’évaluation ouvre la voie à la critique : les inégalités qu’elles créent sont-elles efficaces et justes ? La systématisation des évaluations dans les économies modernes ne contribue-t-elle pas à nourrir le chômage ? Les intermédiaires du marché du travail, et notamment le service public de l’emploi, permettent-ils de renforcer la justice des épreuves ? “

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