J1 – En bref

Premiers retours sur le COLLOQUE 2015 DIM Gestes

Affiche Colloque_Provisoire

 

 

lieuAprès quatre années d’existence consacrées à la structuration d’un réseau pluridisciplinaire de chercheurs à l’échelle de l’Ile-de-France, le DIM GESTES a organisé les 11 et 12 juin 2015 un colloque autour du thème « Agir sur la santé au travail: acteurs, pratiques et dispositifs autour des enjeux psycho-sociaux ».

 

 

 

Près de 700 inscrits, plus de 120 intervenants et 20 communications présentées lors des 5 Ateliers menés en parallèle, le premier jour… Le second colloque international DIM Gestes s’est tenu les 11&12 juin au Cinéma-Etoile-Lilas, un lieu original et convivial, dans Paris.

Posté le 15 Septembre 2015, par le DIM Gestes, sur www.gestes.net

 

Ce colloque a été conçu comme un moment d’ouverture des différentes disciplines universitaires du réseau (Économie, Épidémiologie, Ergonomie, Droit, Gestion, Histoire, Médecine, Psychologie, Sociologie, etc.) vers les acteurs du monde du travail, dans leur diversité (Directions et membres des ressources humaines d’entreprise, managers, représentants du personnels et syndicalistes, consultants, experts auprès des CHSCT, autres experts (ANACT, consultants en organisation, etc.), médecins, préventeurs, psychologues, inspecteurs du travail, membres de CARSAT, …).
>Retrouvez le programme en format .pdf, cliquez ici

Si cette ouverture s’est éprouvée à plusieurs reprises dans le passé, lors du colloque de juin 2013, lors des séminaires que le DIM organise depuis quatre ans et lors des manifestations qu’il a soutenues, nous avons souhaité franchir un pas supplémentaire dans ces échanges en organisant ce colloque autour de deux principes:
– donner un temps de parole égal aux communicants et discutants venant du monde de la recherche et à ceux venant du monde du travail;
– plutôt qu’endosser une posture de transmission d’un savoir, instruire des interrogations fondamentales pour que chacun s’ouvre à la discussion, au débat, voire à la controverse.

Ces principes ont justifié que nous organisions des communications à plusieurs voix, exprimant des points de vue différents, parfois contradictoires, sur une même situation, une même pratique ou un même dispositif.

Nous avons ainsi souhaité éviter l’exhibition de « bonnes pratiques ». Car nous considérons que l’on apprend et comprend davantage lorsque l’on porte le regard sur les situations où la volonté se frotte au réel, où ce réel achoppe, où les effets inattendus prennent le dessus, etc.

 

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La première journée du colloque fut consacrée aux ateliers.

C’est aussi dans le respect de ces principes que nous avons souhaité donner du temps à la discussion, pour entrer dans la complexité et les dilemmes des actions, pratiques et dispositifs qui ont été présentés au travers de cinq ateliers :

 

ATELIER AÀ quels niveaux de l’organisation agir pour la santé au travail ?

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Quelle échelle d’action est opérante pour agir en faveur de la santé au travail ? La question en soulève immédiatement d’autres, car selon le(s) niveau(x) privilégié(s), les modalités d’intervention et les objets de l’action ne sont pas les mêmes, et réciproquement. Les réponses apportées par les quatre communications de cet atelier sont toutes parties du principe qu’il faut réussir à articuler différents niveaux de décision et espaces d’intervention. Car le constat est souvent fait d’une difficulté à passer d’une action locale et ponctuelle à une démarche préventive construite à l’échelle de l’entreprise. Et inversement, une initiative centralisée de promotion de la santé au travail doit être capable de ménager les conditions pour que des expériences locales, ajustées à la complexité des situations de travail, puissent se développer de façon autonome. Quatre cas de grandes entreprises ont été abordés, sous des angles à chaque fois différents, même s’ils s’inscrivent tous dans des contextes de transformations organisationnelles profondes et récurrentes.
ATELIER BQuels rôles pour les professionnels en charge des enjeux psychosociaux ? 

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Cet atelier a abordé les enjeux psychosociaux de la santé au travail du point de vue de plusieurs professionnels prenant en charge ces enjeux. On s’est interrogé sur la genèse et l’évolution des rôles de ces professionnels, sur les difficultés rencontrées et la réalité des pratiques et enfin sur le devenir de ces rôles et de leurs places dans les dispositifs de prévention. Au cours de la journée, ont successivement été abordés les rôles de psychologue clinicien et de médecin au sein de consultation de psychopathologie professionnelle, le rôle de psychosociologue intégré à un service de santé, les rôles d’expert auprès des CHSCT et de médiateur, et les rôles de délégués (dans un syndicat au Québec) en charge des enjeux psychosociaux dans les entreprises.

 

ATELIER C : En quoi pratiques et modèles théoriques s’interrogent mutuellement ?

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En ergonomie, en psychologie du travail, en sociologie ou encore en gestion, la recherche a conçu quantité de démarches d’intervention, c’est-à-dire de méthodologies mobilisables pour analyser l’activité et agir en santé au travail, définies par un cadre théorique, lui-même guidé par une question générale et fondé sur des hypothèses structurantes. Ce sont par exemple la psychodynamique du travail ou la clinique de l’activité, qui ont toujours œuvré dans le champ de l’analyse de l’activité et de la santé au travail. Cela peut être également des démarches conçues dans d’autres champs et désormais mobilisées également dans celui qui nous intéresse. L’analyse systémique au sens de l’école de Palo Alto en constitue une illustration. Ces démarches suscitent un engouement réel dans le monde de la prévention, dont témoigne le succès des congrès et des publications académiques sur le sujet auprès des acteurs de la prévention et plus généralement des acteurs du monde de l’entreprise. Leur attrait est d’autant plus fort que ces démarches sont le fruit d’expérimentations menées par des chercheurs en situation, lors d’interventions qu’ils ont souvent réalisées avec ce type d’acteurs. En congrès, à l’issue de leurs présentations, ils posent deux grandes questions généralement. La première est de savoir comment s’inspirer de ces démarches pour agir. Comment rendre opérationnelles ces démarches conçues par des chercheurs qui n’ont ni les mêmes contraintes, ni les mêmes ressources, ni les mêmes objectifs, ni les mêmes statuts que les acteurs du monde de l’entreprise ? Les acteurs soulèvent également des questions que la recherche n’a pas encore abordées, pour lesquelles, sous le sceau de la contrainte, ils ont conçu quelquefois des solutions riches et qui peuvent contribuer à renouveler les cadres théoriques en retour.  Les quatre communications réunies dans cet atelier ont été portées par des binômes, composés chacun d’un acteur et d’un chercheur, qui ont mené ensemble une intervention inspirée par une démarche définie par la recherche et qui chacun à leur manière ont abordé ces deux questions.

 

ATELIER D : Quelles conditions pour des actions de prévention aux effets durables ?

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Comment construire une action ou une politique de prévention qui puisse s’inscrire dans la durée et pérenniser l’amélioration de la santé de ceux qui travaillent ? C’est cette difficile question que les communications proposées par cet atelier ont cherché à discuter. L’enjeu ici était cependant moins de réfléchir aux modalités d’évaluations de ces améliorations (l’objet de l’atelier E), qu’aux histoires de la construction de ces actions et aux étapes d’élaboration des politiques de prévention. Par l’exposé de problèmes rencontrés, de solutions expérimentées, de choix tenus aux différentes étapes de la construction d’une politique de prévention, nous avons cherché à comprendre comment les problèmes et l’exercice réel du travail peuvent être, ou non, progressivement intégrés aux politiques de prévention et, plus largement encore, à la conception de l’organisation. Nous avons également vu comment les différents acteurs à l’œuvre sont amenés, à cette fin, à renouveler et transformer leurs pratiques, à développer des coopérations et évoluer dans leurs représentations.

 

ATELIER EComment évaluer les démarches et dispositifs en matière d’enjeux psychosociaux ?

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L’élaboration de dispositifs et/ou la mise en œuvre d’interventions en matière d’enjeux psychosociaux posent, à un moment ou à un autre, la question de leur évaluation. Les quatre communications de l’atelier E ont, chacune, apporté un regard spécifique sur cette question. Différents périmètres ont été présentés : de l’évaluation d’un « cadre légal », à la réflexion d’un « expert » sur les dilemmes de son activité, en passant par l’élaboration collective d’outils d’aide à l’évaluation destinés aux entreprises, ou aux intervenants. Dans tous les cas, on retrouve des questions similaires : sur quoi porte l’évaluation, le processus ou les effets ? Quelles sont les dimensions de l’évaluation en termes de contenus, de critères, de temporalité, etc. ? Quels paramètres sont pris en compte, les acteurs, les situations, la santé, la performance ? Quels sont les bénéfices de l’évaluation, et pour qui ? Plus spécifiquement sur la question des enjeux psychosociaux, l’évaluation apporte-t-elle une évolution des connaissances sur les relations santé-travail ? Comment les débats produits par l’évaluation interrogent-ils les métiers, les pratiques et les dispositifs eux-mêmes ? Enfin, comment l’évaluation permet-elle ou non de replacer les enjeux psychosociaux dans les enjeux de santé plus larges ?

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Le second jour du colloque fut consacré à une série de sessions plénières.

 

Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente du Conseil régional d’Île-de-France chargée de l’Enseignement supérieur et de la recherche, nous a fait l’honneur d’ouvrir cette seconde journée, en rappelant le soutien du Conseil régional au DIM Gestes.

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Michel Gollac, cofondateur du DIM Gestes (cofondé avec Jérôme Pélisse), a ensuite animé une session intitulée « Du savoir à l’action publique »: après une présentation par Thomas Coutrot (DARES) des enquêtes et des catégories statistiques à partir desquelles sont objectivés les enjeux psychosociaux, Bénédicte Legrand-Jung, sous-directrice des conditions de travail, de la santé et de la sécurité au travail au ministère du Travail, a présenté les grandes lignes de l’action publique en la matière.

Trois autres sessions plénières se sont succédé pour proposer un retour sur les échanges de la veille et tracer les perspectives de réflexion et d’action sur les cinq questions abordées en atelier. Cinq universitaires, représentants cinq disciplines différentes (Mathieu Detchessahar, Josiane Pinto, Yves Clot, Corinne Gaudart et Pierre-Yves Verkindt), ont ainsi confronté leurs réflexions à cinq professionnels occupant des positions différentes dans le champ de la santé au travail (Ornella Lepoutre, Denis Bressan, Françoise Papacatsis, Philippe Douillet et Marion Didier). COLL.At.Plénière2

Enfin, le colloque s’est achevé sur unetable-ronde animée par Arnaud Mias et Jérôme Pélisse, au cours de laquelle six acteurs des relations professionnelles ont présenté leurs points de vue et leurs initiatives en matière d’enjeux psychosociaux. Marie- Thérèse Berling (L’Alliance 7), Jocelyne Chabert (CGT), Yves Lautridou (CFDT), Fabrice Vagney (Carpenter), Rodolphe Helderlé (Miroir Social) et Fabienne Scandella (Institut syndical européen).

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Durant ces deux journées, une place toute particulière a été faite aux posters. Dans cette volonté de donner du temps à la discussion, les pauses ont été l’occasion d’échanger sur les différentes réalisations. Exposition des résultats de recherche, analyses de cas, réflexions autour de problématiques, présentations originales pour d’autres, les posters ont été un moment fort du colloque laissant place au débats hors des ateliers et des séances plénières.
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Au final, chacun a sans doute tiré des enseignements différents de ces deux journées. Mais l’on peut toutefois s’essayer à dresser un constat général. Beaucoup d’outils existent aujourd’hui sur les risques psycho-sociaux. La question est celle des usages appropriés qu’il conviendrait de promouvoir. Cela soulève la question du tiers-acteur, de l’intervenant, du médiateur, qui peut permettre d’enclencher une démarche d’appropriation pertinente de ces outils. Mais le colloque a surtout fait ressortir la nécessité d’une véritable politique d’entreprise en matière de santé au travail, une politique qui porte sur le coeur du travail.
Plusieurs contributions et discussions l’ont montré, cette action sur le travail passe par la création de lieux de dialogue qui permettent d’instituer une parole productrice de décisions et de solutions d’organisation. C’est une refondation profonde des façons d’échanger dans les entreprises qu’il faut envisager : les entreprises sont aujourd’hui saturées d’espaces de communication, mais trop peu d’espaces de discussion existent, qui plus est sur le travail, qui soutiennent le développement d’une pensée complexe. Certes, la perspective d’une telle refondation est lointaine, mais ce colloque a permis de montrer que des initiatives sont engagées ici ou là, à partir desquelles des apprentissages sont possibles.

 

 

images_ile de france etoileCette manifestation scientifique est une des actions de valorisation et de diffusion de la recherche du DIM GESTES

sur financements de la Région Ile-de-France.

Mise en ligne pour la première fois le 25 Juin 2015, puis…

Posté le 15 Septembre 2015, par le DIM Gestes.

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