Journée d’étude ” Le corps au travail : performance, discipline et fatigue…

… dans les mondes de l’industrie (XVIIe -XXe)”. Journée organisée par Corine Maitte (ACP – EA 3350, université Paris-Est Marne-la-Vallée), Thierry Arnal (CALHISTE – UVHC), Didier Terrier (CALHISTE – UVHC) et qui se tiendra le vendredi 2 décembre 2016 de 10h30 à 17h15 à l’Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, Salle du conseil.

Résumé :

Résultats de recherche d'images pour « exhausted worker »Sur les chantiers, dans les manufactures et au sein des fabriques de l’ère préindustrielle, des formes de mécanisation de plus en plus ingénieuses de la production accompagnent l’usage des énergies traditionnelles tandis que des formes multiples de division du travail apparaissent dans des secteurs très divers . Ces transformations traduisent une volonté d’améliorer les performances économiques afin de conquérir de nouveaux marchés et débouchent sur une imposition grandement contraignante de la discipline ouvrière. Si, lors du XIXe siècle, le processus d’industrialisation n’introduit que fort progressivement des ruptures majeures, les exigences nouvelles quant au respect de la solidarité entre l’homme et la machine, l’intensification des rythmes du travail et la multiplication de gestes nouveaux, voire de postures inédites, modifient grandement les exigences auxquelles sont soumis un nombre croissant de travailleurs dans les industries concentrées et mécanisées. Cette relation sans précédent à la machine impose de nouveaux horizons à l’ensemble des mondes du travail et subvertit tout le corps social. La mécanique du mouvement qui construit au même moment le corps travaillé du sportif ne présente-t-elle pas, par exemple, quelque analogie avec les transformations des normes et de l’intensité de l’effort productif alors en cours ? Enfin, l’irruption des « temps modernes » et la mise en place du taylorisme, puis l’automatisation et la dématérialisation du travail marquent à leur tour de nouvelles étapes qui, par leur caractère paradigmatique, systématisent jusqu’à aujourd’hui la soumission des corps aux logiques de la performance.
Résultats de recherche d'images pour « exhausted work »Ce processus de “machinisation” de l’humain s’est accompagné, en longue durée de nombreuses études théoriques prônant les « vertus » de la rationalisation du travail au nom de l’efficacité et du profit. Taylor n’a-t-il pas, depuis Vauban jusqu’à Ure, Babbage et autres, d’illustres prédécesseurs tandis que le management ne cesse de repousser aujourd’hui plus loin les limites de ce que les entreprises s’estiment en droit d’exiger de leurs travailleurs ? Nombreux sont d’ailleurs les « experts » qui, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui, entretiennent l’illusion selon laquelle la machine va alléger la pénibilité au travail. Pourtant, si au sein des populations laborieuses, la fatigue n’a cessé de meurtrir les corps, ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’elle est désignée comme telle. Elle devient alors progressivement un “mot à maux” que l’on associe à l’apparition de pathologies multiples qui, toutes, confinent à l’usure physique et psychologique des travailleurs.
Résultats de recherche d'images pour « exhausted work »Pourtant, dès que l’on se rapproche du terrain, la fatigue qu’éprouvent celles et ceux qui sont soumis aux exigences de la performance reste un objet fuyant. Si « le corps à l’ouvrage » (Thierry Pillon) a fait l’objet, à partir de la mise à contribution des écrits de soi et de la littérature prolétarienne du XXe siècle, d’une approche diachronique, on peine toujours, entre dénonciations et préconisations, à prendre la mesure de la fatigue sous ses formes multiples et évolutives, depuis la manière dont on la circonscrit jusqu’à ses effets et son ressenti individu par individu. C’est là probablement un champ où sociologues, historiens, ergonomes et autres pourraient voir leurs curiosités converger. Cette journée aura donc pour objet de faire le point à ce sujet, de proposer des approches inédites et d’explorer en la matière le champ des possibles.
Programme
Accueil (10h – 10h30)
 
10h30 – 10h45 : Thierry Arnal et Didier Terrier, « La fatigue au travail : un objet fuyant ? »
 
Regards (10h45 – 12h30)
 
10h45 – 11h15 : Corine Maitte (université Paris-Est Marne-la-Vallée), « La fatigue de l’ouvrier au travail : un impensé de l’époque moderne (XVIIe-XVIIIe siècle) ? ».
 
11h15 – 11h45 : Georges Vigarello (EHESS), « Le corps et la fabrique, une vision du dépérissement au XIXe siècle ».
 
11h45 – 12h15 : Nicolas Hatzfeld (université d’Evry-Val-d’Essonne), « Déplacement des figures de l’usure des corps au XXe siècle ».
 
12h15 – 12h30 : discussion
 
Modèles (14h – 15h30)Résultats de recherche d'images pour « gears chaplin »
 
14h – 14h30 : François Vatin (université Paris-Ouest), « De Pierre-Edouard Lemontey (1801) à Charlie Chaplin : l’imaginaire de l’ouvrier-machine. Discussion d’une figure de style ».
 
14h30 – 15h : Thierry Arnal (université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis), « L’ouvrier et l’athlète : deux figures du corps productif au XIXe siècle ».
 
15h – 15h15 : discussion
 
Constats (15h45 – 17h15)
 
15h45 – 16h15 : Didier Terrier (université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis), « ‘Un travail excessif comme force et comme durée.’ La fatigue au prisme de la loi et des inspecteurs du travail
(1874-1891) ».
 
16h15 – 16h45 : Thierry Pillon (université Paris 1 – Panthéon Sorbonne), « Le confort des bureaux : un moyen de prévenir la fatigue intellectuelle au début du XXe siècle ».
 
16h45 – 17h : discussion
 
17h – 17h15 : Corine Maitte : conclusion générale

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Mis en ligne par le DIM Gestes, le jeudi 24 novembre 2016

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