Journée préparatoire 4 mars 2014

a eu pour objectif de préparer l’organisation du futur Colloque DIM GESTES de 2015. Une cinquantaine de participants invités – plus d’une trentaine de praticiens et d’acteurs et une quinzaine de chercheurs – ont participé à une série d’échanges et de réflexions. Les participants ont pu échanger au sein de deux ateliers.

Image_DIM GESTES_journée préparatoire au colloque 2015_Affiche 4 mars_longueUne large place  a été accordée à la présentation par des praticiens et des acteurs d’expérimentations récemment mises en place et à l’analyse réflexive de ces dernières, y compris lorsqu’elles ont pu être des échecs ou rencontrer des limites. L’entrée par les enjeux psychosociaux de la santé au travail a été  l’occasion d’interroger l’évolution du rôle des acteurs historiques en charge de la santé et de la sécurité au travail, des autres acteurs concernés (DRH, représentants du personnel, militants syndicaux, managers), ainsi que l’émergence de nouveaux acteurs dédiés à ces enjeux.

Une attention particulière a été accordée aux nouvelles pratiques et expertises devant être mobilisées voire créées ainsi qu’aux modes de collaboration, de mise en débat et aux conflits qui opposent les différents acteurs qui les portent.

 

Programme de la journée

Colloque DIM GESTES - Journée préparatoire du 4 mars 20149h : Accueil, petit déjeuner

9h30-10h : Présentation et introduction de la journée

10h-11h15 : Atelier n°1. Agir sur la santé au travail : Actions et interventions, 1ere partie

  • 11h15-11h30 : Pause

11h30-12h45 : Atelier n°1. Agir sur la santé au travail : Actions et interventions, 2e partie

12h45-14h : Buffet

Colloque Dim Gestes_Journée préparatoire du 4 mars 2014

14h-16h00 : Atelier n°2. Agir sur la santé au travail : Ressources et contraintes du droit

  • 16h-16h30 : Pause

16h30-18h : Restitution synthétique des échanges menés en atelier, débats et préparation du colloque de juin 2015

 

 

Coordination scientifique : J. Pélisse et J.C. Sardas, avec J. Pain et R. Ponge
Comité d’organisation : Y. Clot, C. Dalmasso, F. Hubault, C. Massot, A. Mias, J. Pain, J. Pélisse, R. Ponge, J.C. Sardas, J. Thébault, L. Wolff
Coordination administrative : C. Chu et V. Quiguer

 

Retour sur la journée

Let's talk busineesPlus de 50 praticiens se sont prêtés à la difficulté de l’exercice proposé  : faire le point sur les enjeux scientifiques et pratiques qui entourent l’action sur les enjeux psychosociaux de la santé au travail, « enjeux » et non « risques » car le travail est autant ressource que risque pour la santé et parce que que la santé a elle aussi un versant négatif (les pathologies) et un versant positif (le développement). Les acteurs, les pratiques et les dispositifs élaborés et mis en œuvre à cette occasion, en visant à prendre en charge ces enjeux psychosociaux ont été au centre des travaux de cette journée. L’objectif était de faire s’exprimer et dialoguer les différents professionnels et les acteurs du dialogue social impliqués aujourd’hui sur les thématiques des « risques psychosociaux », de la « qualité (de vie) au travail » et des relations entre santé et conditions de travail en général (pénibilités, sécurité et santé au travail), ainsi que les chercheurs de toutes les disciplines (Economie, Ergonomie, Droit, Histoire, Psychologie, Sciences de Gestion, Sociologie…) qui étudient ces questions.

 

Après avoir précisé les objectifs de la journée, deux ateliers ont été organisés et la cinquantaine de participants s’est répartie en trois groupes qui ont échangé le matin sur la question de l’action et de l’intervention, et l’après-midi sur celle des contraintes et ressources du droit.

Atelier 1 (matin) : Agir sur la santé au travail, actions et interventions

Image_experienceCet atelier visait à interroger les actions, interventions et dispositifs mis en place afin d’agir sur les enjeux psychosociaux de la santé au travail. Il s’agissait de partir des questions que se posent et que rencontrent les acteurs de terrain, des actions et des interventions qu’ils ont tenté, mis en place ou expérimenté afin de répondre à ces enjeux. L’objectif était d’explorer collectivement les enseignements qu’ils en ont retirés et les critiques qu’ils expriment, comme concepteurs, acteurs chargés de leur mise en œuvre ou professionnels qui rencontrent ces enjeux dans leurs pratiques quotidiennes.

Comment avez-vous participé à l’élaboration et à la mise en place de dispositifs, d’actions, d’interventions prenant en charge les dimensions psychosociales de la santé au travail ?

  • Quels rôles avez-vous endossés, quelles pratiques avez-vous développées dans ce cadre ?
  • Quels événements, attendus ou non, quels obstacles, difficultés ou réussites inédites avez-vous rencontré ?
  • Comment se pose, aujourd’hui, la question de l’action sur les enjeux psychosociaux de la santé au travail et en quoi cette question conduit ou non à revoir globalement la question de l’action sur la santé au travail ?

Atelier 2 (après-midi) : Agir sur la santé au travail, contraintes et ressources du droit

images_code travailUn second atelier était centré sur les manières dont les uns et les autres agissent sur les enjeux psychosociaux de la santé au travail avec les contraintes et les ressources du droit. Aucune intervention ou action n’est entreprise en dehors du droit. La réglementation sur le harcèlement, les discriminations, la santé – sécurité au travail, le travail et l’emploi… est si abondante, qu’il n’est pas possible d’en faire abstraction. Les statuts variés des acteurs présents aujourd’hui structurent aussi les manières d’agir.

L’objectif de cet atelier était de faire échanger l’ensemble des acteurs – quelque soient leurs connaissances juridiques, leurs usages pratiques et quotidiens des règles du travail et de la santé au travail – autour des enjeux, des dispositifs, des rapports que le droit imprime (ou non) aux modes d’action et d’intervention sur les enjeux psychosociaux de la santé au travail.

  • Comment composez vous avec les ressources et les contraintes du droit ?
  • Dans quelle mesure les modes d’action envisagés et/ou mis en place se sont appuyés, se sont dégagés, se sont accommodés du cadre juridique ?

Des professionnels du droit ont été invités : avocat, inspecteur du travail, inspecteur/contrôleur de CARSAT. Leurs modes d’intervention (conseil, contrôle, défense…) prennent place parmi d’autres possibles. Ils ont pu échanger avec d’autres participants non spécialistes du droit – médecins, psychologues du travail, syndicalistes, managers…. Afin d’être sûrs que ces derniers s’expriment, les professionnels du droit ont été invités à prendre la parole après eux.

Les intervenant ont été répartis en trois groupes, chaque atelier se déroulant en parallèle, animé par un ou deux chercheurs. Ces derniers se sont appuyés sur une ou deux interventions d’acteurs pour débuter l’atelier, dont l’objectif était de voir éclore une discussion et un débat qui nous permettra d’identifier, collectivement, les axes, thèmes et objets précis des sessions à construire pour le colloque qu’organisera GESTES en juin 2015.

 

50 “individuels” engagés dans une réflexion “collective”

Image_de l'individuel au collectifInitiée par une dizaine de chercheurs, de disciplines ou de statuts variés (du doctorant au chercheur reconnu sur ces questions), cette journée a permis des échanges riches et fructueux et l’ouverture de débats et de controverses, qui ont nourri la réflexion et l’analyse des enjeux psychosociaux et des modes d’action sur la santé au travail.

La confrontation des points de vue de délégués syndicaux et de responsables de prévention ou de service des ressources humaines ; d’experts CHSCT et de médecins du travail ; de consultants et d’inspecteurs du travail ou contrôleurs CARSAT ; d’avocats, de formateurs et de psychologues ; etc., a permis de faire émerger des manières de faire et de voir, des modes d’action et des dispositifs, des retours d’expériences et des réflexions appelant de nombreuses interrogations :

  • Comment intervenir dans le cadre juridique français, dans le domaine privé abordé principalement lors de la journée du 4 mars, mais aussi du public ?
  • Comment définir le périmètre d’action de chacun ?
  • Comment intervenir tout en garantissant la protection de la parole des salariés ?
  • Comment débattre du travail quand le lien de subordination est toujours présent ?
  • Comment pérenniser les interventions et permettre une appropriation locale et collective ?

 

Plusieurs éléments ont été proposés, certains larges d’autres plus précis :

Image_solutions La nécessité de revenir sur l’importance des espaces de travail indispensables pour débattre du travail – un mode d’action, sinon d’intervention revenu dans les trois ateliers – a été notée. De ce point de vue, des espaces inattendus ont été évoqués, comme les tribunaux ou les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP), et plus classiquement les groupes d’expression collective dans les entreprises.

La dimension temporelle des actions et interventions en matière de santé au travail – pérennité des actions, capacité des organisations syndicales à dépasser une activité du quotidien, nécessité d’effectuer des évaluations qui prennent en compte le temps – ont aussi fait l’objet d’échanges.

Enfin,  les enjeux liés à l’ouverture du débat sur les modes d’organisation du travail, au sein des entreprises, ont été soulignés, face au déni de leur influence sur la santé au travail, ou au refus d’articuler prise en compte des risques psychosociaux et performance. La méconnaissance du travail réel, encore fréquente – pas seulement du côté de ceux qui sont en charge de le concevoir, de le diriger ou de l’encadrer, mais aussi parfois du côté de ceux qui le représentent -, a été soulignée, ouvrant des questions sur les modes d’action et d’intervention nécessaires à mettre en place pour que l’activité de travail, dans ses dimensions productives, soit mise au centre de l’analyse de la santé au travail.

D’autres éléments ont aussi été évoqués, comme…

Image_puzzle de solutionsLa contractualisation des dispositifs en impliquant les directions à différents niveaux;

La suspension des sanctions disciplinaires le temps de l’intervention;

La formation d’acteurs quel que soit leur statut, et la participation des salariés à l’analyse de leurs situations de travail …

 

Face à cet objet complexe qu’est la dimension psychosociale de la santé au travail, il est apparu nécessaire de développer la combinaison de plusieurs approches (pluridisciplinarité) , en s’interrogeant sur le regard que chacun porte sur l’homme et la santé au travail, mais aussi sur le travail lui-même et ses évolutions. Ce débat s’est engagé lors de cette première rencontre, marquée par l’engagement de chacun dans une réflexion collective. Les échanges se poursuivront lors de la prochaine journée organisée le 18 novembre 2014…

A télécharger ici  : Liste des participants – Journée Préparatoire du 4 mars 2014 – DIM GESTES

 Mis en ligne le 12 mars 2014

Image_En Savoir PlusLa Loi pose les fondements des principes généraux de prévention

 

L 4121-1
« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Article L 4122-1
“Conformément aux instructions qui lui sont données par l’employeur, dans les conditions prévues au règlement intérieur pour les entreprises tenues d’en élaborer un, il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail”.

Image_En Savoir Plusle site www.souffrance-et-travail.com, recense des textes, articles, guides, à télécharger en ligne, nous citerons ici, à titre d’exemple :

 

Evaluations des Risques Professionnels, Principes et Pratiques Recommandés par la CNAMTS, les CRAM, les CGSS et l’INRS

Suicide, Guide des Ayants Droits, de François Daniellou.

 

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