T3 – Ouvrir l’oeil

FOTO_19 juin 2014_Rot Hersant Gehin16h30-17h30 : Table ronde : « Langage et Travail, ouvrir l’œil : photographier et représenter le travail, de l’enquête à l’art et retour »

Animation : Gwenaële Rot, sociologue,

Guy Hersant, photographe ; présentation de l’ouvrage “Pose travail”

Jean-Paul Gehin, sociologue.

 

Guy Hersant a présenté une trentaine de portraits de groupe de la série « Pose travail », produite par le Conseil général de Seine-et-Marne. Il a en premier retracé son parcours de photographe, notamment en Afrique où il a initié en l’an 2000 ces photographies de groupes de travail qu’il qualifie de « documentaires ». Guy Hersant a par ailleurs expliqué la manière dont il travaille au sein des entreprises qui ont accepté sa présence en leur sein. « La visite de l’entreprise est l’étape préalable durant laquelle j’observe attentivement le travail et mémorise un maximum d’informations afin de comprendre comment et qui fabrique ».

Au moment de la prise de vue, la photographie est organisée dans un décor qui informe sur le cadre de l’activité de l’entreprise ou de l’atelier. Les personnes sont disposées et posent frontalement comme pour un portrait, l’idée est que chacun soit représenté lisiblement dans une situation de « neutralité active » en évitant tout élément pouvant être « anecdotique, connoté ou militant ». Le choix de la lumière contribue à renforcer l’aspect d’inventaire des photographies en favorisant un éclairage naturel, sans contraste excessif. Les photographies sont réalisées à la chambre photographique, et les images sont précises. Chaque personne photographiée en recevra un tirage.

 

gestesIntervention de Guy Hersant – partie 1, 5min28s


gestesIntervention de Guy Hersant – partie 2, 6min16s

gestesIntervention de Guy Hersant – partie 3, 6min42s

gestesIntervention de Guy Hersant – partie 4, 3min11s

 

Jean-Paul Géhin, sociologue et fondateur du festival Filmer le travail, un « projet de débat citoyen » mobilisant à la fois les chercheurs en sciences sociales et les pratiques artistiques, est ensuite intervenu sur le travail de Guy Hersant.

Selon lui, cette série de photographies « avec le même construit » (portrait de groupe) renvoie à l’histoire de la photographie : d’abord à l’histoire de la photographie du travail, s’intéressant tant à saisir le monde industriel naissant qu’à conserver des images de la civilisation rurale en train de disparaître ; mais également à la tradition de la photographie de groupe dont nous avons tous une connaissance intime ne serait-ce qu’à travers les photographies de classe ou celles de mariage. Il a par ailleurs souligné que le jeu de mot souvent fait autour du titre du livre était tout à fait discutable. « Pose travail » donc, ne doit surtout pas être entendu dans l’idée d’une « pause ». « Ils travaillent toujours, les corps ne sont pas relâchés, ce sont des corps qui se mettent en scène. » Il y analyse aussi une « triple mise en scène » (photographe, individus, entreprise/institution), sans que l’on sache pour autant quelle est la place de chaque acteur, même s’il est possible d’y deviner les rapports sociaux. Dans ces photographies, il y aurait, également, à la fois ce que les acteurs ont voulu mettre, et le réel « que personne ne contrôle ». On y verrait en outre des collectifs mis en scène, mais en même temps des individus « qui nous interpellent », ce qui va dans le sens de l’évolution du travail contemporain avec la construction de collectifs faits d’individualités. En outre, la mise en scène des individus, aurait tendance à remettre en cause la mise en scène institutionnelle. Tout l’intérêt des photographies de groupe de Guy Hersant.

 

gestesIntervention de Jean-Paul Gehin – partie 1, 6min45s

gestesIntervention de Jean-Paul Gehin & Guy Hersant – partie 2, 4min46s

gestesIntervention de Jean-Paul Gehin  – partie 3, 1min34s

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Vidéo résumé de cette table ronde

 

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