Théâtre – (Ex)Limen – Au travail sans travail, juste au placard

Conception et mise ne scène par Anne ASTOLFE, écriture collective Le LAABO au théâtre de Suresnes les mardi 15 mars et mercredi 16 mars 2016 à 21h00.

ExLimen_Info… Combien sont-ils à se morfondre dans un bureau sans téléphone, à s’inventer une activité pour survivre à la violence de leur exclusion, refouler leur culpabilité et tromper leur mort sociale ?

Trop vieux ou trop payés, fortes têtes ou bras cassés, ils disparaissent un jour de l’organigramme sans explications ni indemnités. Une gestion des ressources humaines par la peur qui a le double « avantage » d’éliminer les indésirables et de stimuler les autres. Après Hold On (Suresnes 2011), Anne Astolfe et son LAABO, reviennent sur la place de l’individu dans le monde du travail. Il a fallu à la compagnie trois ans de recherches pour adapter au théâtre cette « absurde mise en scène de la disparition » que matérialisent l’irruption d’images oniriques, de la chorégraphie et la subtilité de la lumière. Un spectacle saisissant d’intelligence.

” (Ex)Limen s’inscrit dans la continuité de la recherche queExLimen mène LE LAABO sur le monde du travail. En effet, il y a pour nous une urgence, aujourd’hui, à interroger la place centrale du travail dans la construction sociale de l’individu. Le thème d’(Ex)Limen naît d’une conférence de Dominique Lhuilier, chercheur au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) à laquelle nous assistons. Elle présente son travail sur les salariés placardisés et détaille le processus d’élimination. Maintenir un individu « au travail, sans travail », « dans » l’entreprise mais « en dehors » de l’organisation du travail. Frappée par ce non-sens, je la rencontre. Elle parle de « mise en scène de la disparition ». Je l’imagine aussitôt sur un plateau. Et je commence des recherches pour répondre à mes interrogations : Qui sont ces cadres et combien sont-ils ? A quoi sert la placardisation ? Est-il possible de rester des heures à ne rien faire ? Comment se retrouve-t-on à cette place particulière? Qu’est-ce que déclenche, pour l’individu, le fait d’être à cette place que les spécialistes nomment « l’observatoire » ? Avec (Ex)Limen, nous décortiquerons ce phénomène de mise à mort sociale en prenant l’absurdité comme ouverture pour une transposition théâtrale. Nous traiterons cette place comme un contretemps musical : le regard se pose différemment sur le fonctionnement de l’entreprise, le point de vue sur le quotidien s’en trouve modifié et interroge les choix, l’utilité, le sens. Je lance en 2012, une première étape de recherche appelée : les ONE SHOT. “

Info relayée par le DIM Gestes, le Mardi 8 Mars 2016

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